TGBT - Les principes de la sélectivité

Publié le par tgbt.over-blog.com

     La sélectivité est une méthode qui consiste à coordonner les protections de sorte que, lorsqu’un défaut apparaît sur un circuit, seule la protection placée en tête (du TGBT) de ce circuit se déclenche, évitant la mise hors service du reste de l’installation électrique.


     Les intérêts de la sélectivité est double. Il s'agit de l'amélioration:

- De la continuité de service,

- Ainsi que la sécurité électrique de l'installation.

 

§ Favoriser la continuité de service

     La sélectivité permet surtout de favoriser la continuité de service dans les autres circuits de l'installation électrique. Cette continuité de l'alimentation en électricité est un gage de sécurité électrique : elle est imposée par la réglementation pour les installations de sécurité des établissements recevant du public.

 

§ Augmenter la sécurité

     Une bonne sélectivité entre les protections d’une installation électrique nécessite le calcul rigoureux, en chaque point de l’installation, de la valeur maximale du courant de court-circuit présumé. Ceci permet d’organiser la coordination des appareils de protection pour une meilleure sécurité de l’installation.


    Sélectivité entre A et B : en cas de court-circuit sur la ligne B, seule la protection B doit déclencher pour assurer la continuité de service des lignes C, D et E.

 

§ La sélectivité ampèremétrique

      Cette technique repose sur le décalage en intensité des courbes de déclenchement des disjoncteurs amont et aval. La sélectivité ampèremétrique, pour la zone des surcharges et la zone des courts-circuits, est d'autant meilleure que les calibres des appareils sont éloignés. Ce type de sélectivité est particulièrement bien adaptée par les circuits terminaux où les niveaux de courts-circuits sont relativement faibles.


     Dans les autres cas, elle doit parfois être complétée par une sélectivité chronométrique.


§ Sélectivité totale ou partielle, que choisir ?

      La sélectivité entre un disjoncteur amont A et un disjoncteur aval B est dite totale si elle est assurée jusqu'à la valeur de court-circuit maximale Icc présumée où B est installé. Elle est dite partielle dans les autres cas. On définit alors une limite de sélectivité qui indique la valeur de courant de court-circuit en dessous de laquelle seul le disjoncteur B ouvrira. Au-dessus de cette valeur, ce sont les deux disjoncteurs qui ouvriront.

 

§ La sélectivité chronométrique

     Cette technique permet d’obtenir une sélectivité au-delà du courant de réglage magnétique du disjoncteur amont. Le principe est de laisser le temps au disjoncteur aval de déclencher en premier en retardant l’action du disjoncteur amont, ce qui impose quelques contraintes. L'appareil amont doit être temporisable et être capable de supporter le courant de court-circuit et ses effets pendant toute la durée de temporisation. De même, le dimensionnement des conducteurs doit permettre de supporter les contraintes thermiques résultantes. La sélectivité chronométrique consiste à temporiser le déclenchement du disjoncteur amont A pour privilégier celui de B en aval.

 

 

§ La sélectivité logique

      Les déclencheurs électroniques des disjoncteurs DPX sont conçus pour réaliser une sélectivité dite logique, assurée entre deux appareils lorsqu’ils communiquent via une liaison spécifique. Le disjoncteur aval qui détecte un défaut envoie un signal vers l’appareil amont qui sera alors temporisé de 50 ms. Une liaison spécifique entre deux DPX électroniques permet une sélectivité logique avec une temporisation de 50 ms du disjoncteur amont. En plus de la sélectivité logique, les déclencheurs électroniques (DPX 1600 et 630) permettent de régler le déclenchement en court retard pour améliorer la sélectivité. De plus, leur fonction de délestage des circuits secondaires, lorsque le circuit protégé est chargé à plus de 90%, améliore la continuité de service.

 

 

§ Parier sur l'exploitation

     Plus économique et moins contraignante à réaliser, la sélectivité d’exploitation est une méthode basée sur le ait que la quasi-totalité des défauts interviennent au point d’utilisation : moteur, actionneur … Le bureau d'études dimensionne alors les protections pour obtenir une sélectivité qui tient compte de la valeur du court-circuit maximal qui peut intervenir en bout de ligne. En fonction du type d’application, le choix d'une sélectivité partielle plutôt que totale nécessite une mesure du risque : que se passe-t-il lorsqu’un court-circuit intervient en amont ?

      Sélectivité d’exploitation : la limite de sélectivité de l’association DPX 250 ER (160 A) avec DX 40 A (courbe C) est de 6 kA. L’Icc présumé au point d’installation étant de 8 kA, il n’y a pas sélectivité totale. En revanche, elle est assurée au point d’utilisation où le courant de court-circuit maximum présumé n’est que de 3 kA.

 

§ L'association des protections

     L'association des dispositifs de protection est une technique qui consiste à augmenter le pouvoir de coupure d'un disjoncteur en le coordonnant avec un dispositif de protection placé en amont. Ce procédé permet d’utiliser un appareil de protection possédant un pouvoir de coupure inférieur au courant de court-circuit maximum présumé, en son point d’installation. La norme NF C 15-100 art.434 exige néanmoins que la protection amont ait un pouvoir de coupure nécessaire en son point d'installation propre, s’il est lui-même associé à un autre appareil placé en amont. L’association des protections permet d’augmenter le pouvoir de coupure de la protection en aval. L’association peut utiliser plus de deux appareils consécutifs.

 

§ Le bénéfice des tables de sélectivité

     Spécialiste du disjoncteur, Legrand a testé chacun des appareils des gammes DX, DPX et DMX pour déterminer leur pouvoir de coupure, ainsi que les valeurs de sélectivité et d'association des différents couples de protection, conformément à la norme CEI 947-2. Pour définir plus rapidement le choix des protections durant l'étude d'une installation, Legrand restitue dans des abaques chacune de ces données qui a été certifiée en laboratoire.

 

§ Incidence de la configuration

     Il existe des configurations où la sélectivité est difficile à obtenir, comme, par exemple, avec une faible longueur des lignes. La proximité des protections peut alors favoriser le déclenchement instantané d'un disjoncteur amont avant même que la temporisation de la sélectivité chronométrique ne soit actionnée.

 

§ Les conducteurs

      Longueur, section, matériau, les conducteurs tiennent une réelle importance par rapport au principe choisi pour réaliser une sélectivité. La sélectivité chronométrique et l'association demandent notamment aux conducteurs de dissiper une forte énergie durant plusieurs dizaines de millisecondes.

Publié dans Les normes

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Gilbert 20/07/2017 11:12

Bonjour, cet article est clair et concis. Cela m'a permis de saisir l'essentiel de la sélectivité.
;)